Deux sénateurs américains ont proposé, mercredi 8 mai, de
renforcer les sanctions contre les pays soutenant des cyberattaques, rapporte
le site spécialisé Computerworld. Le démocrate Sheldon Whitehouse et le
républicain Lindsey Graham vont demander au Congrès ou à l'administration Obama
d'imposer des sanctions sur l'immigration ou le commerce à ces pays. Pour les
sénateurs, leur pays devrait refuser leurs migrants, limiter les échanges et
améliorer les efforts entrepris par le département de justice et le FBI contre
ces attaques.
En ligne de mire, la Chine, qui est officiellement accusée
d'espionnage et d'attaques électroniques par les autorités américaines.
Plusieurs médias, dont le New York Times et le Wall Street Journal, ont dit en
début d'année avoir subi des attaques au long cours venues de Chine. Plusieurs
entreprises d'envergure, comme Apple, Facebook et Microsoft ont également
déclaré avoir été la cible de telles attaques.
LA DÉFENSE AMÉRICAINE COMPROMISE
"La Chine utilise les capacités de son réseau
informatique pour mener à bien une campagne de collecte de renseignements
contre les secteurs qui soutiennent des programmes de défense nationale aux
Etats-Unis, dans les domaines diplomatique, économique et industriel", affirme ainsi le Pentagone dans dernier son
rapport annuel au Congrès sur l'armée chinoise, remis lundi 6 mai. "En
2012, de nombreux systèmes informatiques dans le monde, y compris ceux du
gouvernement américain, ont continué à être visés par des intrusions, dont certaines
sont attribuables directement à l'armée et au gouvernement chinois",
ajoute ce rapport, dont les conclusions ont été démenties par les autorités
chinoises.
Un exemple concret a réémergé au début de mai, par une
enquête de Bloomberg sur l'espionnage depuis 2007 du prestataire de la défense
américaine QinetiQ, qui continuerait encore. L'attaque au long cours de la
société travaillant sur des satellites secrets, des drones ou des logiciels
utilisés par les forces spéciales américaines était connue depuis plusieurs
années par l'entreprise et les sociétés de sécurité chargées plusieurs fois de
nettoyer leur réseau informatique. Les vagues d'espionnage, qui ont duré
plusieurs mois, auraient permis à l'armée chinoise d'obtenir une grande part
des informations confidentielles auxquelles a accès l'entreprise. A la mi-mars,
la Maison Blanche avait exigé de la Chine qu'elle cesse ses activités contre
les entreprises américaines.
Ces relations tendues avec la Chine sur ce sujet ne font pas
les affaires des équipementiers chinois, qui se voient fermer les portes des
projets et des entreprises américaines. Le géant Huawei a ainsi déclaré ne plus
faire des Etats-Unis une priorité, après plusieurs déconvenues, dont l'abandon
d'une liaison sous-marine transatlantique de 4 600 km. Certains observateurs y
voient d'ailleurs plutôt du protectionnisme.
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